List

Sans nul doute avez-vous constaté qu’un important événement est en train de se préparer à Paris, communément nommé « COP 21 ». La COP 21, ou Conférence des Parties (CdP en français), est la 21e réunion de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Pas moins de 196 pays (appelés Parties) seront présents afin d’essayer de parvenir à un accord international. Celui-ci aura pour but de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C, par rapport aux températures préindustrielles. Cette conférence est considérée comme l’une des plus importantes depuis la création du Protocole de Kyoto en 1997, et ce, pour plusieurs raisons cruciales.

Les parties de la Convention ont échoué à établir un traité international climatique lors de la COP 15, qui s’est déroulé à Copenhague en 2009. Ce fiasco a laissé le monde sans accord crédible pouvant prendre le relai du Protocole de Kyoto. Lors des conférences qui suivirent, les états se rendirent vite compte qu’il serait laborieux de trouver un terrain d’entente, tant au niveau du financement que des questions de responsabilité. Ainsi, en 2011, a été créée la plateforme de Durban. Son but : travailler à ce que les parties à la CCNUCC adoptent, en 2015, un accord climatique juridiquement contraignant. Tous les efforts diplomatiques ont alors été concentrés à la seule fin d’aboutir à Paris, cette année, à un nouvel engagement. Si les états devaient se quitter sans accord, ce serait un échec bien pire qu’à Copenhague et le régime climatique international vivrait une profonde crise, sans parler de la dégradation environnementale associée à un tel insuccès. Parallèlement, si un traité est adopté, sa portée sera, sans doute possible, bien plus importante que celle de Kyoto. Voilà pourquoi la Conférence de Paris est d’une importance capitale.

Dans le cadre de cet événement, Annie Chaloux et Hugo Séguin, respectivement professeure et chargé de cours à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, ont sélectionné huit étudiants de deuxième cycle provenant de domaines d’études variés (MBA, Maîtrise en Politique appliquée, droit, ingénierie, études internationales, DIPIA, etc.) afin de former une délégation accréditée par les Nations Unies dans le but d’assister aux négociations de Paris. Leur but, lors de cet événement, est d’analyser, synthétiser et vulgariser les enjeux importants de la Conférence. Ils rendront également compte de l’avancée des négociations entre les pays afin de les rendre accessibles à un public plus large et rameneront leur gain d’expertise au Canada et plus particulièrement au Québec.

Sur place ils analyseront le rôle de certains acteurs clés comme les États-Unis, l’Inde, l’Union européenne, le Mexique, le « World Business Council for Sustainable Development ».

Ils suivront aussi certaines trames de négociations spécifiques, qui promettent de faire des négociations un succès ou un échec. Les questions que les jeunes chercheurs se posent comprennent par exemple : comment sera financé le fonds vert pour le climat? Quels seront les mécanismes pour pallier les pertes et préjudices que causerait l’adoption d’un nouveau traité ? Comment les états traiteront-ils des problèmes de déforestations et de dégradations des sols? Quels seront les nouveaux mécanismes de marchés mis en place pour diminuer les émissions des gaz à effets de serre ? Ou encore, quelle place accorderont les pays à la question du genre? Toutes ces questions et plusieurs autres devront être adressées durant la Conférence de Paris avant de voir l’arrivée d’un accord juridiquement contraignant.

Chose sûre, à Paris les membres de la délégation de l’Université de Sherbrooke seront vos yeux et vos oreilles sur le terrain et la COP 21 s’annonce déjà historique. Reste à déterminer si elle marquera les esprits de par son succès ou à cause de son échec.

 

Pour la Délégation,

Guillaume Rivest

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *